Amiens : la Ville refuse l'urne d'un compagnon sur le caveau familial, ce que les couples non mariés doivent prévoir

Après 44 ans de vie commune, une urne ne peut être scellée sur le caveau familial. Ce que dit la règle des concessions et comment s'y prendre.
Quarante-quatre ans de vie commune, et pourtant un refus. À Amiens, la Ville ne veut pas que l'urne du compagnon de Viviane Dessein soit scellée sur le caveau familial, car le couple n'était pas marié. Voici la règle qui s'applique aux concessions et ce que vous pouvez anticiper.
En bref
- Viviane Dessein, 83 ans, voulait sceller l'urne de son compagnon de 73 ans sur le caveau où reposent ses parents.
- La Ville d'Amiens invoque le cadre juridique : les bénéficiaires sont fixés par l'acte de concession et ne changent plus après le décès.
- Le compagnon sera inhumé dans un cavurne d'un autre cimetière, faute de réponse de la collectivité dans les délais.
Le chiffre clé : 44 ans de vie commune du couple, sans que cela ouvre droit au caveau familial.
Un refus qui sépare un couple après 44 ans
Viviane Dessein vit à Plachy-Buyon, dans la Somme. Son compagnon, 73 ans, est mort en septembre des suites d'une longue maladie. Ils partageaient leur vie depuis 44 ans et s'étaient toujours promis de ne pas se séparer.
Il souhaitait être incinéré. Elle a donc voulu faire sceller l'urne sur la dalle du caveau familial, là où reposent ses parents et ses deux filles. Elle l'a expliqué au Courrier Picard : il lui paraissait normal qu'il soit là, « et pas seul comme un malheureux ailleurs ».
Cette octogénaire de 83 ans compte elle-même reposer un jour dans ce caveau. Le couple n'étant pas marié, la Ville d'Amiens a rendu un avis défavorable.
La règle : l'acte de concession fixe qui peut y reposer
Pour justifier sa position, la Ville d'Amiens dit respecter le cadre juridique précis des concessions funéraires. Concrètement, les bénéficiaires sont désignés dans l'acte de concession. Ils ne peuvent plus être modifiés après le décès.
Ici, la concession a été signée il y a bien longtemps par les parents de Viviane Dessein. Son compagnon ne figure pas parmi les bénéficiaires prévus. Le fait que l'urne soit petite, ou que le défunt ait été incinéré, ne change pas ce point : une urne scellée sur la dalle occupe bien la concession.
Le lien affectif, même ancien, ne remplace donc pas une mention dans l'acte.
Une dérogation demandée, mais restée sans réponse à temps
Pour préparer les obsèques, Viviane Dessein a sollicité une dérogation auprès de la Ville. Elle n'a pas obtenu de réponse dans les délais impartis.
Faute de temps, son compagnon sera finalement inhumé dans le cavurne d'un autre cimetière. Elle parle d'une double peine, alors qu'elle est déjà éprouvée par le deuil.
Elle envisage maintenant de rencontrer le maire d'Amiens pour trouver un point d'entente. À ce stade, aucune issue n'est annoncée.
Ce que les couples non mariés peuvent anticiper
Cette affaire rappelle une chose simple : la question des bénéficiaires se règle avant le décès, pas après. Voici les réflexes à retenir, tirés de ce que la Ville a expliqué dans ce dossier.
- Relire l'acte de concession : c'est lui, et lui seul, qui liste les personnes autorisées à reposer dans le caveau.
- Vérifier votre nom et celui de votre compagnon : une personne absente de l'acte n'a pas de droit automatique.
- Se rapprocher du service des cimetières de la commune bien avant un décès, pour savoir ce qui est possible.
- Ne pas attendre le dernier moment : une demande de dérogation sans réponse dans les délais oblige à choisir une autre solution.
Ces démarches sont à adapter à votre situation auprès de votre mairie, qui reste le bon interlocuteur pour votre concession.
Pourquoi cette histoire concerne beaucoup de familles
Beaucoup de concessions ont été signées par les générations précédentes. Les liens de famille ont pu évoluer depuis : couples non mariés, compagnons de longue date, familles recomposées.
Le cas d'Amiens montre que l'ancienneté de la vie commune ne pèse pas face à l'acte. Si vous détenez une concession, ou si vous vivez avec un compagnon sans être marié, regarder ce document aujourd'hui peut éviter une épreuve supplémentaire au moment du deuil.
Vos questions
Un compagnon non marié peut-il reposer dans le caveau familial ?
À Amiens, la Ville a répondu que les bénéficiaires sont fixés par l'acte de concession. Si le compagnon n'y figure pas, l'urne ne peut pas être scellée sur le caveau. Mieux vaut se renseigner auprès de la mairie avant un décès.
Peut-on modifier les bénéficiaires après un décès ?
Non, selon la Ville d'Amiens : les bénéficiaires ne peuvent plus être modifiés après le décès. C'est pourquoi la question doit être posée en amont, lorsque la concession le permet.
Que devient l'urne si la demande est refusée ?
Dans le cas de Viviane Dessein, l'urne du compagnon sera placée dans le cavurne d'un autre cimetière. Elle envisage de rencontrer le maire d'Amiens pour chercher un accord.
Sources : La Dépêche.




